Ne vous gênez pas pour demander

Nous ne nous en rendons probablement pas compte, mais dans le Bujinkan, nous sommes particulièrement choyés. Probablement parce que j’ai fait dans le passé des séries télévisées sur les arts martiaux je reçois fréquemment des courriels d’étudiants que je ne connais pas et qui pratiquent un autre art martial que le nôtre. Plusieurs de ces courriels concernent des questions concernant des styles que je ne pratique pas. Lorsque je conseille à ces gens de poser la question à leur professeur, ils me répondent qu’ils ne peuvent pas. Le plus souvent, ces enseignants se contentent de donner des réponses « tu comprendras lorsque tu seras rendu là », ou pire des réponses style « pose-toi pas de question, ce n’est pas martial. Il faut que tu travailles sans te poser de questions ».

Dans le Bujinkan la plupart des enseignants sont ravis de répondre aux questions des étudiants. Je me souviens d’une petite phrase d’Arnaud Cousergue où il disait « je suis comme un magasin ouvert, les gens n’ont qu’à se servir ». Je pense que ça illustre bien la philosophie d’enseignement du Bujinkan. J’ai déjà pratiqué des styles où le professeur se positionnait sur un piédestal, où il se contentait de faire la technique sans qu’il explique ce qu’il venait de démontrer. Il faut dire que je ne suis pas demeuré longtemps avec un tel professeur, qui, je pense ne comprenait pas ce qu’il enseignait.

J’invite mes étudiants à poser le plus de questions possible. Et si un jour je n’ai pas la réponse, j’irai la demander à Soke. L’ignorance n’est pas souhaitable. Chaque question qu’un étudiant me pose me permet de progresser un peu plus. Il faut faire attention cependant de ne pas pratiquer notre art que de façon intellectuelle. Le corps doit apprendre, c’est lui qui réagira le premier dans la rue lors d’une attaque.