La face cachée du takagi

Chaque ryu que nous travaillons renferme ses particularités. Nous venons récemment de terminer une étude en profondeur du takagi yoshin ryu. L’étude de ces katas est particulièrement intéressante. On y apprend qu’il y a des katas ura et des katas omote. Qu’est-ce que ça veut bien dire?

 

Tout le monde sait que omote se traduit généralement par extérieur ou par ce qui est visible et qu’ura se traduit par intérieur et par ce qui est caché. Ce qu’il y a de particulier dans le takagi, c’est une nouvelle interprétation du sens de omote et de ura.

 

Dans ce ryu, lorsque le kata est omote, on déplace l’adversaire pour créer du mouvement. Si l’adversaire est trop costaud, on se déplacera alors ce qui fait que la technique devient ura. Les deux versions des katas sont indissociables l’une de l’autre. Ce petit principe tout simple en apparence peut s’appliquer à n’importe quel technique d’art martial. Cependant, l’avantage d’avoir les katas sous la main nous permet de comparer l’aspect omote et ura sur le moment même où on exécute le kata.

 

Mais le takagi est beaucoup plus qu’un simple enchaînement de techniques mécanique. Il nous apprend à travailler trois des niveaux de kiaijutsu. Les katas de cette école sont généralement accompagnés de kiai permettant d’influencer ou de modifier l’action de l’adversaire.

 

Le takagi renferme une école sur les kyushos, ces petis points de pressions si utilisés pour équilibrer les forces. La beauté de ce système, est que cette utilisation des kyushos tient compte de l’armure du samouraï.

 

Compte tenu de tout ça, ça serait une erreur grave de se limiter aux techniques mécaniques des katas. Le takagi est une école merveilleuse qui ne demande qu’à se laisser découvrir.

 

Bernard Grégoire

Shihan Bujinkan Québec