L’art de bouger

L’art de bouger

 

Nous mémorisons un nombre incroyable de techniques. Nous apprenons diverses façons de frapper le plus fort possible. Nous manipulons toutes sortes d’armes allant du sabre au kyoketsu shoge en passant par le eda koppo. Mais nous avons parfois tendance à oublier l’essentiel, le petit détail qui fait toute la différence.

 

Apprendre les arts martiaux c’est un peu comme acquérir un nouveau programme d’informatique complexe. Imaginez un programme comme Photoshop ou tout simplement Word. La plupart des gens sont capables d’attacher des mots, de faire une mise en page simple et même d’y ajouter quelques photos. Pour faire tout ça, on utilise peut-être 10 % de ce que peut faire le logiciel. Il y a une énorme différence entre faire une mise en page et faire une mise en page. Le même programme aux mains d’une personne qui le maîtrise donne des résultats spectaculaires.

 

Il en va de même dans les arts martiaux. L’un des points les plus négligés est sans aucun doute la qualité du mouvement. Hatsumi sensei met beaucoup d’insistance sur l’importance de bien bouger. Un jour où nous discutions avec lui à son bureau, moi et Francine, nous parlions des sources de notre art martial. La conversation a naturellement dévié sur l’art de bouger. Sensei nous a dit que si nous voulions savoir comment bougeait Gamon Doshi, nous n’avions qu’à le regarder bouger. Depuis le début la création de notre art martial, la qualité du mouvement est probablement une préoccupation qu’on eut tous les Soke.

 

Bien bouger nous permet d’avoir à éviter d’utiliser une vitesse excessive pour parer un coup de poing ou éviter la lame d’un sabre. Bien bouger nous permet d’entraîner notre adversaire vers des zones vides, où l’adversaire éprouve des difficultés à reprendre le contrôle de son kamae. Ces kyushos du vide comme les a déjà nommé Sensei, nous sont accessibles lorsque notre mouvement est bien contrôlé.

 

Alors que ce soit pour marcher, pour vous asseoir ou simplement pour attacher vos lacets, de quelle façon allez-vous bouger ?

 

Bernard Grégoire

Shihan Bujinkan Québec