À bout de souffle

À cause d’une petite blessure au genou, j’avais arrêté de courir (c’est ça le vieillissement). Lorsque j’ai recommencé, j’ai bien été obligé de constater que ma capacité respiratoire avait diminué. J’étais à bout de souffle sans avoir fait la moitié de mon trajet habituel. Lorsque je pousse la machine au maximum, je me retrouve avec des douleurs au bras, ce que mon médecin n’apprécie pas du tout. Tout en courant, ça m’a fait penser aux arts martiaux, à ce moment où l’on a l’impression de plafonner, que plus rien ne peut rentrer.

À ce stade, on a deux choix. On peut abandonner ou persévérer. Ceci est valable autant pour la course que pour l’apprentissage martial. Tous ceux qui font un peu de course à pied connaissent bien ce point culminant où l’on a l’impression qu’on ne peut continuer. C’est cet instant où l’on se dit que j’arrête, qu’il n’y a plus rien à faire. Cet instant où il est si simple d’abandonner, ce moment où l’on a l’impression que notre volonté est réduite à néant. Mais si l’on persévère et que l’on dépasse ce point, on s’aperçoit que non seulement on peut continuer, mais que la distance supplémentaire que l’on peut franchir est de loin supérieur à ce que l’on pensait pouvoir faire.

Il en va de même pour les arts martiaux. Au moment où l’on se croit inférieur aux autres, à l’instant où l’on se juge incompétent, si on se botte le derrière et que l’on continue même si on a l’impression que l’on ne comprend rien, notre capacité martiale continue de s’accroître. Dans les arts martiaux comme dans la course à pied, la difficulté est une étape qui nous permet de grandir, de nous développer davantage.

Alors, quand vous serez à bout de souffle, puisez dans ce qui vous reste d’énergie et faites un effort supplémentaire. Vous serez surpris des résultats.

Bernard Grégoire

Shihan Bujinkan Québec