I feel like I’m not good.

 

It is interesting to discuss with the students their personal perception of their martial evolution. Some will feel that they are progressing easily while others tend to devalue. They are persuaded that they do not move forward that they are far behind the other students at the same level. But is this perception really reflect reality?

Martial progression of an individual is not mathematical. In the martial arts, one cannot quantify the skill and abilities of a practitioner. Of course, you can count the number of katas he has or the number of techniques he has accumulated, but this has nothing to do with true martial skill. Attention, here I speak of budo and not to photocopy to infinity a technique that the teacher taught us. So I eliminate from the start everything that is robots and exact reproduction of the movements of the teacher. I speak of the skill that can be developed in a practitioner so that he can defend himself effectively in a real situation.

The first mistake is to compare to the other students in the group. They seem to be better than us, they seem to perform the technique with so much ease that it gives us the feeling that we are not actually made for that. For a person who does not have the skill to see the performers more in depth, this may seem true. But if we dig deeper, the conclusion may be very different. Many students seem to have so much ease in performing the technique. But as they say, the devil hides in the details.

Over the years, I learned that often the students who seemed to have the most difficulty stopped on these little details. This small angle that makes all the difference, this essential distance that allows us to avoid the blade or this sensation which leads us to think that we do not have it, that we are beside the truth. These doubts prevent us from progressing until we understand how it works. In many cases, the one who seems to perform the technique with ease did not care about these parameters. He takes pleasure in performing the technique, without being embarrassed by the accumulated errors. By moving in this way without worrying about the accuracy of his movements, he exudes an aura of confidence. And, what is important, he takes pleasure in performing the technique.

The second mistake some students have is that they become discouraged by seeing others act with this semblance of ease. Generally, in the budo, the one who, with time, gets worse, is the one who has had to make efforts, which has had to overcome these inferiority complexes. He worked so hard to understand the diabolical little details that he came to better mastery of these techniques.

In both cases, students will learn to progress. Those for whom this seems easy, with time they will polish their material, to fill the weaknesses of the bases of the budo that they have accumulated. For those who felt they were not up to it, they would realize that once they have mastered the solid foundations they have tackled, they will have become effective. It’s all a matter of patience.

Bernard Gregoire

Yushuu shihan Bujinkan Quebec

J’ai l’impression que je ne suis pas bon.

Il est intéressant de discuter avec les étudiants de leur perception personnel en ce qui concerne leur évolution martiale. Certains auront l’impression qu’ils progressent à pas de géant alors que d’autres auront tendance à se dévaloriser en disant qu’ils n’avancent pas qu’ils sont loin derrière les autres étudiants de même niveau. Mais est-ce que cette perception reflète vraiment la réalité?

La progression martiale d’un individu n’est pas mathématique. Dans les arts martiaux, on ne peut quantifier le talent et les habiletés d’un pratiquant. Bien sûr, on peut compter le nombre de katas qu’il possède ou le nombre de techniques qu’il a accumulé, mais cela n’a rien à voir avec la véritable compétence martiale. Attention, ici je parle de budo et non de photocopier à l’infini une technique que le professeur nous a enseignée. J’élimine donc d’emblée tout ce qui est robotisation et reproduction exacte des mouvements du professeur. Je parle de l’habileté que l’on peut développer chez un pratiquant afin qu’il puisse se défendre efficacement en situation réelle.

La première erreur est de se comparer aux autres étudiants du groupe. Ils semblent meilleurs que nous, ils semblent exécuter la technique avec tellement de facilité que cela nous donne la sensation que nous ne sommes réellement pas faits pour ça. Pour une personne qui n’a pas la compétence de voir les exécutants plus en profondeur, cela peut sembler vrai. Mais si l’on creuse davantage, la conclusion peut être fort différente. Beaucoup d’étudiants semblent avoir tellement de facilité à exécuter la technique. Mais comme on dit, le diable se cache dans les détails.

Avec les années, j’ai appris que souvent les étudiants qui en arrachaient le plus s’arrêtaient sur ces petits détails. Ce petit angle qui fait toute la différence, cette distance primordiale qui nous permet d’éviter la lame ou cette sensation qui nous amène à pensé que l’on ne l’a pas, que l’on est à côté de la vérité. Ces doutes qui nous empêchent de progresser avant d’avoir compris comment cela fonctionne. Dans bien des cas, celui qui semble exécuter la technique avec facilité ne s’est pas préoccupé de ces paramètres. Il prend plaisir à exécuter la technique, sans se laisser embarrasser par les erreurs accumulées. En bougeant de la sorte sans se préoccuper de l’exactitude de ses mouvements, il dégage une aura de confiance. Et, ce qui est important, il prend plaisir à exécuter la technique.

La seconde erreur qu’ont certains étudiants est qu’ils se découragent en voyant les autres agir avec ce semblant de facilité. Généralement, dans le budo, celui qui à long terme progresse le plus, est celui qui a dû faire des efforts, qui a dû surmonter ces complexes d’infériorité. Il a tellement travaillé pour comprendre les petits détails diaboliques qu’il en est arrivé à une meilleure maîtrise de ces techniques.

Dans les deux cas, les étudiants apprendront à progresser. Ceux pour qui cela semble facile, avec le temps ils finiront par polir leur matériel, à combler les faiblesses des bases du budo qu’ils ont accumulées. Pour ceux qui ont l’impression de ne pas être à la hauteur, ils réaliseront qu’une fois qu’ils auront maîtrisé les solides fondations auxquelles ils se sont attaqués, ils seront devenus efficaces. Tout n’est qu’une question de patience.

 

Bernard Grégoire

Yushuu Shihan Bujinkan Québec