Magasiner son art martial

Ça y est, l’automne approche, la rentrée scolaire est imminente et c’est la période où l’on magasine son art martial. La plupart des écoles tentent d’attirer les pratiquants à grand renfort de marketing. Mais en tant que consommateur, quels sont les critères à regarder? Qu’est-ce qui fait que je choisisse une école plutôt qu’une autre?

La première question à se poser est est-ce que l’on recherche un style qui offre de la compétition sportive? Si vous n’êtes pas du genre à vouloir prouver que vous êtes parmi les meilleurs, alors peut-être devrez-vous oublier ce type d’écoles. Si l’on vous dit que non, renseignez-vous sur l’obligation de devoir faire certaines compétitions pour augmenter la vitesse de passation des ceintures. 

Le marketing a fait des ravages sur la façon d’enseigner les arts martiaux. Les études de marché ont démontré que les gens perdent leurs motivations après trois mois. Donc, pour remédier à cela, on a créé un grand nombre de ceinture et de kyus afin que l’étudiant puisse recevoir cette ceinture tant convoitée dans les délais prescrits par les études. On se retrouve avec un très grand nombre d’étapes à passer (et à payer) avant d’obtenir la ceinture noire. D’autres études jouent sur l’égo des prospects. On vous dit que l’école n’accepte pas tout le monde et que c’est un privilège d’être accepté. Rassurez-vous, il y a peu de chance que vous soyez refusé. Ce type de stratagème vise une classe ado et jeune adulte. Pour certaines écoles, tout est étudié pour charmer la clientèle. Les certificats sont de plus en plus tape-à-l’oeil. On trouve de nouveaux modèles de ceintures que les étudiants devront payer plutôt que le traditionnel bout de ruban électrique de couleur que l’on rajoutait simplement au bout des ceintures. 

Dans un univers de marketing, le matériel enseigné est calculé en fonction de la passation des ceintures. Comme il faut mémoriser les techniques par coeur, on y apprendra qu’une ou deux nouvelles techniques par semaine. Les études ont démontré que les gens confondent forme physique et arts martiaux. Alors on prendra 30 % ou plus de la session pour faire des push-up et des exercices cardio, c’est très vendeur dans une grande majorité des cas. 

Par contre, d’autres écoles encouragent les étudiants à faire du conditionnement physique par eux-mêmes afin de consacrer le temps d’enseignement aux techniques des arts martiaux. 

Les questions à se poser

La qualité d’un enseignement ne dépend pas des certificats, des ceintures ou des lieux. Elle dépend de l’enseignant qui vous donnera votre formation. Depuis combien d’années pratique-t-il? Qui sont ses professeurs? Comment est sa pédagogie? Est-ce qu’il peut répondre aisément à toutes vos questions? Est-ce qu’il continue à progresser? Est-ce qu’il a de l’expérience dans le monde moderne et dans la réalité des besoins réels que l’on a si on choisit un art pour la défense ? 

D’où vient la certification que vous obtiendrez ? Si c’est une fédération locale, c’est normal que les certificats viennent de la région. Mais si on vous dit que c’est un art qui est relié au Japon ou à la Chine, est-ce que la certification est faite par ces pays? Si cela vient de ces pays, est-ce que l’enseignement dispensé chez vous est le même ou si du matériel emprunté dans différents arts martiaux est venu compléter les faiblesses du style? 

Des expressions comme kung-fu, ninja, taekwondo sont utilisées par tout un chacun. Voyez si l’école est vraiment reliée à ces concepts ou si ce n’est qu’une attrape marketing. Les enseignants qui œuvrent vraiment dans ces univers n’auront aucun mal à vous expliquer le lien avec l’école et de quelle façon ce lien les relie à leurs pays d’origine. 

La plupart des écoles offrent des essais gratuits. C’est l’occasion idéale pour questionner les responsables. Ne vous gênez pas pour les bombarder de questions. Il m’est arrivé à plusieurs reprises de recommander des étudiants à d’autres arts martiaux plutôt qu’à celui que j’enseigne. Il est important d’aider l’étudiant à trouver ce qui lui convient. Un étudiant qui abandonne après trois mois est une perte pour tous les arts martiaux.

Bernard Grégoire

Dai Shihan Bujinkan Québec

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