La collecte d’informations

Lorsque j’enseigne à des gens oeuvrant dans le domaine de la sécurité, je les sensibilise toujours à l’importance d’obtenir un maximum de données sur la situation. Dans le domaine de la sécurité comme dans celui des arts martiaux, dès qu’il y a risque de conflit, il devrait y avoir une collecte d’informations. Dans un combat, dès qu’il y a un échange de coups il y a échange d’informations. Apprendre à voir et à interpréter ces informations augmente considérablement nos chances de succès dans une bagarre.

Notre premier relevé d’information passe d’abord par le visuel. Comment se comporte notre adversaire avant même qu’il y ait confrontation physique ? Est-il nerveux, paniqué ou au contraire vous semble-t-il confiant? Vous devez relever le maximum d’indices qu’il vous offre. Avant même qu’une confrontation n’ait lieu, vous devez prévoir ce qui est susceptible d’arriver. Si vous savez que la personne en face de vous est sur le point d’exploser, alors vous avez une longueur d’avance et vous pourrez vous positionner de manière à neutraliser ou du moins à minimiser les conséquences de la première attaque.

À partir du moment où il y a contact physique, vous devriez être en mesure de sentir comment réagit le corps de votre adversaire. Dès que vos mains touchent son corps, une foule de données vous sont transmises. Vous pouvez sentir ses angles de déséquilibre, ses lignes de forces là où ses poings trouveront le maximum de puissance à l’impact. Vous devez également voir le positionnement de son corps à partir de ces points de contact et non avec vos yeux. En évitant de tout passer l’information par le regard, on gagne énormément en vitesse. On réagit plutôt que d’analyser.

Le contact de nos mains contre le corps de l’adversaire nous permet de sentir dès le début le mouvement mécanique lui permettant de nous frapper. Un exercice simple pour développer ces habiletés, pratiquer les yeux fermés. Avec un peu de pratique, on apprend à réagir rapidement aux mouvements du partenaire.

Pour se connecter ainsi à l’adversaire, il n’est pas nécessaire de l’agripper fortement. Le simple fait d’avoir un contact léger avec le dos de la main est suffisant pour garder une longueur d’avance sur les mouvements de uke.

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Kokyuu ho, la respiration pour dans le sabre

La respiration est essentielle dans les arts martiaux. Que ce soit pour la défense à mains nues ou dans le maniement du sabre, une mauvaise respiration peut nous mener à l’échec.

Parter d’une position comme tosui no kamae et placer vous immédiatement en seigan no kamae. Pour obtenir un kamae fort, la respiration doit cesser immédiatement une fois la posture acquise. Si vous continuez d’expirer, le corps aura une tendance naturelle à continuer dans la même direction. Refaites le même exercice plusieurs fois en expirant et ensuite en cessant de respirer, en demeurant au neutre pour voir la différence. Une fois cela bien ressentit, refaites le même exercice, après une très courte pause en seigan, enchaîner d’un bloc kasumi ou exécutez simplement un bloc en levant la poignée du sabre vers le haut et enchaînez d’une coupe transversale en expirant. Si vous refaites le même exercice sans respirer ou en inspirant vous pourrez sentir aisément la différence. Ce sont des exercices très basiques permettant de relier la respiration au mouvement adéquat.

Au moment de la pause entre le seigan et le bloc, il y a un temps au neutre où notre position doit être forte et où on doit pouvoir se déplacer aisément dans toutes les directions.

Pour arriver à bien maîtriser la respiration, un simple exercice de respiration au carré est suffisant pour développer des bases. Inspirer 4 secondes, retener 4 secondes, expirer 4 secondes et 4 secondes au repos avant d’inspirer de nouveau. Sans un bon contrôle de la respiration, il y aura nécessairement une perte d’efficacité.

Bernard Grégoire
Shihan Bujinkan Québec